Deux plats restaurés suite aux inondations, ainsi qu’un tableau ancien

Les trois objets restaurés.
Les trois objets restaurés. - Musées communaux de Verviers

Trois beaux objets des collections des musées communaux verviétois viennent de passer par les mains expertes des restaurateurs. Dont deux pièces de vaisselle qui avaient été abîmées lors des terribles inondations du mois de juillet dernier.

Une soupière du XVIIIe

Restauration d’une grande soupière avec couvercle et présentoir en faïence de Bruxelles avec décor à la haie fleurie, du milieu du 18e siècle. Une restauration menée par Hélène Blanpain.

La soupière.
La soupière. - Musées communaux de Verviers

La restauration consistait en :

> dérestauration des anciennes restaurations effectuées avec des agrafes ;

> nettoyage de la pièce et des taches de rouille ;

> consolidation des fissures ;

> comblement des fissures, des trous laissés par les agrafes et les éclats ;

> retouche et vernis des comblements.

restauration d’un plat rond en faïence abimé lors des inondations

Un plat rond à décor de paysage

Le deuxième objet est une faïence de Delft, un plat rond à décor de paysage. Ce plat a été restauré par SiO2.

Le plat rond.
Le plat rond. - Musées communaux de Verviers

« Il s’agit d’une conservation-restauration de type muséal dont le but est de privilégier les interventions curatives de nettoyage, dérestauration et protection avec pour résultat une restauration discrète à l’avers et archéologique au revers permettant l’exposition mais également la lisibilité des interventions et garantissant le respect de l’histoire de l’objet », annoncent les musées verviétois.

Le cadre du tableau de Monnoyer

La troisième restauration concerne le cadre du tableau de Monnoyer représentant un bouquet de fleurs. Elle a été réalisée par la maison Dutron.

Le Monnoyaer.
Le Monnoyaer. - Musées communaux de Verviers

« L’intervention consiste à enlever et nettoyer les éléments décollés. Les ornements manquants ont été remplacés après une prise d’empreinte au silicone. Les fentes dans les apprêts et dans les ornements sont rebouchées en pâte “au gros-blanc”. Les surfaces ont été fixées par encollage à la colle de peau. La dorure a été ajustée aux ors conservés », précisent les musées.

Le tableau est une huile sur toile de 143cm x 110 cm faisant partie du legs Hauzeur -de Simony en 1909. Il représente une majestueuse gerbe de fleurs qui émerge d’un vase Médicis posé sur un entablement de pierre devant un grand drapé et un décor d’architecture à pilastre corinthien. Un effet de profondeur est suggéré par le paysage visible à travers l’arc sur la droite.

«   Monnoyer reproduit ici le vase Médicis, un cratère de marbre en forme de cloche renversée, du 1 er siècle avant J.-C. Il doit son nom à la famille Médicis qui en était propriétaire au XVI e siècle et est conservé aujourd’hui au musée des offices à Florence. Il s’agit d’un des vases antiques les plus admirés et recopiés de l’époque moderne   », poursuit le communiqué des musées.

Jean-Baptiste Monnoyer était peintre de fleurs à la cour de Louis XIV (1636-1699). On connaît peu d’éléments sur sa formation.

Né à Lille, il semble qu’il ait étudié à Anvers. Il se rend à Paris en 1655 et participe à la décoration de plusieurs hôtels particuliers de la capitale française dont l’hôtel Lambert et l’hôtel de Lauzun.

Principal spécialiste en son temps de la peinture de fleurs, Monnoyer est reçu à l’Académie royale de peinture et de sculpture le 3 octobre 1165, sur présentation de Fleurs, fruits et objets d’art, son oeuvre la plus célèbre.

Collaborateur de Le Brun, il travaille pour les Gobelins (bordures de tapisseries) et peint de nombreux vases de fleurs pour la cour de Louis XIV dans les appartements de Versailles, de Marly, de Saint Cloud et des principales demeures royales en même temps que pour de riches particuliers.

La fin de sa carrière s’écoule à Londres où, appelé par lord Montagu, il est employé à la réalisation de plusieurs décors pour le comptes des reines Marie II et Anne d'’Angleterre ainsi que pour de grandes demeures anglaises. Il meurt à Londres le 16 février 1699.

Son style décoratifs, ses fleurs et ses vases précieux, souvent placés dans un décor de draperies et d’architecture fort éloigné de la simplicité des natures mortes française antérieures, sont très appréciés. Ses œuvres, d’une grande précision botanique, sont très recherchées. Plusieurs de ses compositions ont été gravées.

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