Intempéries: l’alerte aurait pu être lancée beaucoup plus tôt, estime le cdH

Intempéries: l’alerte aurait pu être lancée beaucoup plus tôt, estime le cdH
Belga

L’alerte, lors des inondations meurtrières de la mi-juillet, aurait pu être lancée beaucoup plus tôt, ce qui aurait sans doute permis de limiter l’ampleur de la catastrophe.

C’est en tout cas la conviction du cdH après avoir étudié les données reçues par le service hydrologique de l’administration wallonne.

Le système Hydromax annonçait clairement des prévisions extrêmes

Selon les humanistes, le système Hydromax, sur lequel s’appuie la Région, annonçait très clairement des prévisions extrêmement inquiétantes dès le 13 juillet. Le seuil de 2011 est ainsi atteint dès 19h00 et le plafond maximum, mesuré en 1998, est dépassé dans les prévisions deux heures plus tard.

« Comment expliquer qu’aucune pré-alerte ne soit enclenchée le 13 juillet ? Et pourquoi avoir attendu le 14 juillet à 6h00 du matin pour finalement déclencher l’alerte ? », s’interroge le chef de groupe du cdH au parlement wallon, François Desquesnes.

Une « crue des superlatifs »

Des questions qu’il a certainement posées aux différents ingénieurs de garde du SPW, auditionnés ce vendredi matin, à huis clos, en commission d’enquête parlementaire sur les inondations. On ne saura évidemment rien de leur réponse.

Par contre, Dominique Simon, inspecteur général du Département des Voies hydrauliques de Charleroi et de Namur, entendu dans l’après-midi, a fait face à la critique, assurant notamment que le SPW avait apporté « une réponse coordonnée à l’ensemble des sollicitations, avait fourni l’expertise nécessaire et manœuvré les barrages selon les consignes ».

« La disponibilité, le professionnalisme et le dévouement de l’ensemble des équipes mobilisées tout au long de cette tragédie ont permis à la direction générale d’agir et de réagir là où elle dispose de moyens d’action. Face à l’exceptionnel, nos services se sont adaptés au mieux pour déployer l’expertise des agents », a-t-il dit en évoquant une « crue des superlatifs ».

« Sur le terrain, il n’y avait que des poulets sans tête »

La commission d’enquête aurait également dû entendre, ce vendredi, le colonel Bouquette, commandant de la zone de secours Hesbaye-Meuse-Condroz. Faute de temps, son audition a toutefois été reportée.

Elle aurait été un contrepoint intéressant à celle, hier/jeudi, de Patrick Broeckx, chef d’unité adjoint de la protection civile à Crisnée. Devant les députés, ce dernier avait notamment pointé la désorganisation des secours. « Sur le terrain, il n’y avait que des poulets sans tête », avait-il regretté en plaidant « pour que l’on fasse un réel inventaire des moyens disponibles et que l’on définisse qui fait quoi. »

« Aujourd’hui, on est obligé de jouer avec les jouets qu’on nous a laissés » après la réforme de la protection civile, entérinée par Jan Jambon alors qu’il était ministre de l’Intérieur « mais négociée bien avant », avait ajouté Patrick Broeckx. « Jambon, il a mis les pieds dans le plat et a ‘splité’ la protection civile comme ça l’arrangeait, avec une caserne à Brasschaat et l’autre à Crisnée, à un kilomètre de la frontière flamande. Mais tout ça, c’est de la politique, ça ne me concerne pas. »

Patrick Broeckx avait enfin regretté les « querelles de clocher » qui ne facilitaient pas le travail. « Comment gérer une province avec autant de zones de police et de secours ? Je veux bien que la province de Liège ait été indépendante pendant 1.000 ans, mais il faut quand même remettre les choses à leur place », avait-il conclu.

La semaine prochaine, la commission d’enquête, dont les travaux ont finalement été prolongés jusqu’à la fin du mois de février, réentendra notamment Simon Riguelle, le directeur du Centre régional de crise, et Catherine Delcourt, gouverneur de Liège faisant fonction au moment des inondations.

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