La bourgmestre veut réduire de moitié le nombre de résidents de Sol Cress!

Le centre d’accueil au coeur de la tourmente.
Le centre d’accueil au coeur de la tourmente. - V.M.

Les actes de violence qui vont crescendo au centre pour demandeurs d’asile de Sol Cress ont poussé la bourgmestre de Spa, Sophie Delettre, à prendre un nouvel arrêté de police ce mardi, quatre semaines à peine après le précédent. Un premier arrêté qu’avait d’ailleurs contesté Svasta en introduisant un recours en annulation et une demande de suspension en extrême urgence devant le Conseil d’Etat qui avait rejeté cette dernière.

Cette-fois, la bourgmestre impose à Svasta, gestionnaire du site, et à Fedasil de diminuer drastiquement le nombre de résidents sur le site.

Diminution par paliers

La bourgmestre ordonne, de manière provisoire, la limitation de la capacité du centre d’accueil Sol Cress à 200 personnes. Actuellement, ce sont 415 personnes qui sont hébergées sur le site. « Pour atteindre cet objectif, il est ordonné à Fedasil et à la SRL Svasta de porter la capacité d’accueil du centre à 300 personnes maximum pour le 1er novembre à 20h au plus tard et à 200 personnes pour le 8 novembre à 20h au plus tard » indique la bourgmestre dans un communiqué transmis ce mardi soir.

Sophie Delettre veut conserver prioritairement au sein du centre les familles. « Il convient d’éviter autant que possible le déplacement d’enfants déjà scolarisés sur le territoire spadois. De même, nombre d’incidents sont le fait d’hommes isolés, sachant que la proportion d’hommes isolés au sein du centre est conséquente et trop importante » estime-t-elle.

Pour la bourgmestre, maintenir la capacité à 200 personnes sur le site se justifie par différentes raisons :

– Un Plan Interne d’Urgence avait été rédigé et validé pour 300 personnes

– La recrudescence des cas de covid en Belgique, et plus spécifiquement au sein de la Province de Liège, ainsi qu’au sein du centre justifie d’appliquer strictement les recommandations pertinentes qui avaient été formulées par le Professeur Coppiters

– Il serait préjudiciable d’ordonner le déplacement – même provisoire – de familles et d’enfants qui sont désormais scolarisés sur le territoire

– La saturation du réseau FEDASIL justifie qu’un nombre de personnes puisse rester sur site

« Cette mesure n’est pas une mesure de limitation définitive des places du centre concerné. Une nouvelle évaluation de la situation devra intervenir tous les 15 jours » indique-t-elle.

La fermeture du centre envisagée

« Il est évident que si malgré la réduction de la capacité d’accueil, la situation ne s’améliore pas rapidement, je serai contrainte d’envisager l’adoption de mesures plus contraignantes, et notamment la fermeture provisoire complète du centre, ne pouvant accepter plus longtemps que la gestion du centre génère des risques majeurs pour la sécurité et la santé publiques. »

«La violence ne fait qu’augmenter à Sol Cress» dénonce la police

L’ambiance est très pesante au centre Svasta.
L’ambiance est très pesante au centre Svasta. - Illu V.M.

Il ne se passe plus un jour sans que la police ne doive se rendre à Sol Cress, sur les hauteurs de Spa, au centre d’accueil pour réfugiés Svasta. « Les interventions ne font qu’augmenter » rapporte un policier de la zone Fagnes. « Les faits deviennent de plus en plus graves. La violence ne fait qu’augmenter sur place » ajoute un autre.

Samedi soir, la police de la zone Fagnes, est intervenue pour une rixe au couteau qui a fait un blessé grave. La deuxième bagarre à l’arme blanche en seulement trois jours. Et d’après les échos qui nous parviennent de plusieurs sources policières, ce n’est pas près de se calmer. « Il y a une agressivité très présente sur place entre les habitants du centre. C’est palpable. Il y a pas mal d’hommes seuls, de gens d’ethnies différentes, de confessions différentes et parfois opposées… » Pour preuve, à l’origine des faits de samedi soir, une simple moquerie lâchée par un groupe à un autre. En réponse aux interpellations des personnes impliquées, certains demandeurs d’asile ont saccagé le hall d’accueil du centre. « Plusieurs personnes ont été privées de liberté dans le cadre de la bagarre à l’arme blanche. Le magistrat de garde a mis le dossier à l’instruction. Le juge d’instruction n’a pas encore décerné de mandat » indique le procureur de division de Verviers, Gilles de Villers Grand Champs.

Le centre d’accueil au coeur de la tourmente.

« Ça devient difficilement gérable, aussi bien pour les interventions elles-mêmes qu’en termes de capacité du personnel et c’est au détriment de la population de la zone parce qu’on ne sait plus être en rue quand on passe des journées entières à procéder à des devoirs d’audition. C’est difficile pour une petite zone comme la nôtre et les actes de violence vont en augmentant » témoigne un policier qui préfère rester anonyme.

Des solutions insuffisantes

Dès la fin août et l’arrivée d’environ 200 demandeurs d’asile en quelques jours à peine, portant le nombre de personnes hébergées à Sol Cress à 420, plusieurs problèmes s’étaient posés, notamment en termes de qualité d’accueil, poussant la bourgmestre jusqu’à prendre un arrêté de police. La conférence des bourgmestres de la région verviétoise a d’ailleurs dénoncé l’accueil jugé «   inacceptable   » des réfugiés au centre.

La zone de police locale peut compter sur l’appui du fédéral. Deux cavaliers et deux maîtres-chiens sont quotidiennement demandés et viennent régulièrement, de Bruxelles, pour patrouiller. « On est souvent appelés en renfort pour se rendre sur place » indique-t-on également à la zone de police Stavelot-Malmedy, confirmant ainsi que les zones voisines sont régulièrement sollicitées dans ce cadre.

Svasta a bien engagé quatre vigiles qui doivent également gérer la sécurité du centre au quotidien. Ce n’est pas une mince affaire et ça ne semble pas suffire d’après ce que l’on entend. Malgré tout, il n’est pas question de revoir le nombre de gardiens à la hausse pour le moment nous dit-on. Contacté par nos soins, le responsable du centre n’a pas voulu s’exprimer à ce sujet. Une position qu’il adopte depuis l’ouverture de celui-ci. Si on ne trouve pas bien vite un moyen d’apaiser les tensions au centre de Sol Cress, son avenir risque d’être compromis au nom de la sécurité publique.

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