La BNB défend à nouveau la politique prudentielle en matière d’immobilier

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Illustration - Photonews

Depuis fin 2019, en réponse à une concurrence féroce entre banques et à l’apparition de certaines « poches de risques » sur le marché hypothécaire, la Banque nationale recommande aux banques belges de se montrer plus prudentes dans l’octroi de prêts hypothécaires, en particulier ceux présentant une quotité élevée (« loan to value » de 90 % ou plus), c’est-à-dire la part empruntée par rapport à la valeur du bien.

La nécessité pour l’acheteur, dans certains cas, de devoir mettre sur la table davantage de fonds propres a fait craindre que les recommandations de la BNB ne viennent restreindre l’accès des jeunes Belges à la propriété.

Mais il n’en est rien, a insisté jeudi la Banque nationale, chiffres à l’appui. Ainsi, la part des emprunteurs âgés de moins de 35 ans reste stable depuis plusieurs années, autour de 35 %. De plus, une grande majorité des prêts hypothécaires ayant une « loan to value » de plus de 90 % a été octroyée à des emprunteurs de moins de 35 ans, ce qui montre que les banques utilisent les marges prévues par la BNB pour continuer à garantir l’accès des jeunes au marché immobilier.

Si ces derniers peuvent avoir des difficultés à accéder à la propriété immobilière, c’est davantage parce que les prix ont fortement augmenté ces dernières années, sur fond de taux d’intérêt plancher et de marché particulièrement dynamique. La production de nouveaux crédits hypothécaires atteindra d’ailleurs un nouveau record en 2021 après deux années déjà particulièrement fortes.

Les recommandations de la BNB ont également atteint leur objectif de diminuer le nombre de crédits plus risqués octroyés par les banques, s’est félicitée la Banque nationale.

La BNB est également revenue jeudi sur les nouvelles directives de l’Autorité bancaire européenne (ABE) concernant l’octroi et le suivi des prêts. À partir de 2022, les banques devront faire une « évaluation prudente » du bien avant de pouvoir accorder un prêt hypothécaire. Contrairement à ce qui a été affirmé dans une certaine presse, cela n’implique pas forcément le recours à un expert externe, ce qui au passage pourrait occasionner des coûts supplémentaires à charge de l’acheteur. Les banques belges pourront en effet utiliser des modèles statistiques en interne pour réaliser cette estimation prudente, insiste la BNB qui s’attend d’ailleurs à ce que les banques belges recourent, dans la plupart des cas, à ces modèles, pour déterminer la valeur des biens immobiliers résidentiels.

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