Charline la Bruxelloise et Jeremy l’Américain s’aiment malgré l’âge et la distance

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La distance et la différence d’âge ne changent rien à l’affaire: ils s’aiment!
La distance et la différence d’âge ne changent rien à l’affaire: ils s’aiment! - Facebook

C’est le Daily Mirror qui a été le premier à parler de cette histoire. Depuis, elle a été relayée par les gros médias britanniques que sont le « Sun » et le « Daily Mail ». Et elle fait le tour du monde. C’est, au départ, une simple histoire d’amour. On est au printemps 2020, en plein confinement. L’épidémie de covid-19 bloque le monde. La Belgique et les États-Unis ne font pas exception. Pour tuer le temps, les gens se tournent un peu plus souvent que de coutume vers les réseaux sociaux. C’est le cas de Jeremy Pratico, un instituteur de l’école élémentaire de Fisher à Arlington, dans le Vermont. Fan des « Twenty One Pilots », il répond à un petit message posté sur la page Facebook du groupe. Une Bruxelloise, Charline Chaltin, demande aux fans quelle est leur chanson préférée. « Jeremy a répondu mais je n’ai pas vraiment réagi à ses commentaires », avoue la Belge. « Il m’a trouvée sur Instagram et nous avons commencé à discuter ». « S’il n’y avait pas eu le coronavirus, je ne sais pas si cela serait arrivé. Parce que j’étais en quarantaine, j’étais en ligne plus souvent que dans ma vie normale », déclare l’Américain.

Le courant passe. « J’ai commencé à me réveiller en me demandant si Charline l’était aussi. J’ai alors compris que quelque chose se passait ». Mais il y avait quelques problèmes de taille à surmonter. Le covid, bien entendu mais aussi la distance entre Arlington et Bruxelles : plus de 5.600 kilomètres ! « Dans le passé, j’ai conversé avec des femmes qui vivaient à 70 miles (112 km) de chez moi. Je leur ai toujours répondu que c’était trop loin pour moi », explique celui qui pensait avoir mis un trait définitif sur le mot « amour ». « Je m’étais résigné à être l’Oncle Jeremy. Mais avec Charline, toutes les règles sont passées par la fenêtre ». Le décalage horaire de 6 heures entre les deux pays ? Ce n’est pas un problème. « Jeremy se réveille assez tôt. Moi, je me couche tard », répond Charline.

Par contre, il y a un autre obstacle à surmonter : la différence d’âge. Quand ils se sont rencontrés sur le net, elle avait dix-huit ans, lui quarante-six. Soit un écart de 28 ans. « Mes parents étaient un peu inquiets lorsque je leur en ai parlé pour la première fois », confie Jeremy. « Ils pensaient qu’elle pouvait être une jeune fille qui ne désirait qu’une chose : obtenir une Green Card ». La carte verte qui permet de vivre aux USA. « Les parents de Charline étaient aussi inquiets car je ne suis pas beaucoup plus jeune qu’eux. Je n’aurais jamais pensé tomber amoureux de quelqu’un habitant aussi loin et étant aussi jeune. J’ai enfin surmonté l’immense peur du jugement et j’ai décidé d’être heureux pour moi et pour elle », écrit-il sur sa page Facebook. « Alors, jugez-moi/nous si vous voulez. Dieu est le seul qui peut le faire. Elle est ma vraie âme sœur et je n’ai jamais été aussi heureux ». Leurs parents, explique-t-il, ont fini par accepter leur liaison.

Vivement la Noël !

C’est par caméra interposée qu’ils ont décidé de former un couple. C’était le 4 juin 2020. Ils buvaient du café et un cacao et faisaient des mots croisés. La « vraie » rencontre a mis du temps avant de se produire. C’était le 30 juin dernier. « Une semaine avant mon départ pour la Belgique, les frontières se sont ouvertes. On n’était pas nerveux de se rencontrer car on se connaissait déjà si bien », explique Jeremy qui avait loué un appartement à Bruxelles pour l’occasion. Charline lui avait fait la surprise d’y être avant son entrée. Elle avait décoré l’endroit avec des drapeaux belges et des souvenirs. « En nous voyant pour la première fois, il y a tout de suite eu une connexion. Ces huit jours ont été le plus beau moment de toute ma vie. La voir pour la première fois, c’était magique ».

Jeremy parle d’un conte de fées. Charline acquiesce. « Nous avons passé une semaine et ce fut la meilleure semaine de ma vie. Ma priorité est d’être avec lui ». Après avoir visité Bruxelles pendant une semaine, son amoureux a dû retourner aux États-Unis mais ils ont déjà prévu de se revoir à Noël. Cette fois, si le covid le permet, ce sera à Arlington. « Nous avons un plan pour que je prenne l’avion le 26 décembre et que je reste jusqu’au 8 janvier ». « Elle est la fille de mes rêves. Nous savons que nous avons un avenir ensemble », conclut Jeremy qui affirme, en rigolant, avoir le syndrome de Peter Pan. « J’ai gardé l’âme d’un enfant. Je suis le professeur qui saute sur les tables. Je suis très immature pour mon âge, Charline est très mature pour le sien ».

Pierre Nizet

«Une grande différence d’âge? Rien ne l’empêche»

Pour le psychologue Pascal De Sutter, « il est évident qu’il n’y a rien qui empêche des gens avec une grande différence d’avoir une attirance tant sentimentale que sexuelle ». « En fait, il n’y a que dans l’Occident qu’on estime que les gens doivent avoir plus ou moins le même âge pour avoir une relation ensemble. Dans le passé et encore maintenant, il existe pourtant de nombreux exemples qui prouvent le contraire. Et ce dans les deux sens. Au XVIe et au XVIIe siècles, des dames d’âge mûr éduquaient de jeunes hommes. Au Moyen-Orient, un homme de 80 ans peut être considéré comme attirant parce que c’est un sage ». Le sexologue fait remarquer que les gens qui ont du pouvoir peuvent attirer des personnes (bien) plus jeunes. « C’est le cas dans la politique mais aussi chez les musiciens, les acteurs, les stars. Ce genre d’histoire ne devrait pas nous étonner même s’il y a cette pression sociale qui fait que ce n’est pas toujours bien vu ». Reste à savoir si cette belle histoire est viable. « En tout cas, je peux croire en sa sincérité ».

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