Retraité: «Un choc! Mais j’ai maigri de 10 kilos»

Dans son jardin: un petit paradis.
Dans son jardin: un petit paradis. - Davi dClaes

Son père a quitté la Roumanie pour venir travailler dans les mines. Coïncidence, La Louvière adoptera son village natal de Soars, dans le cadre de l’opération « Village Roumain », avant la révolution de 1989. Philippe Bertleff est né quant à lui dans une région du Centre qu’il n’a finalement jamais quittée. « Avec mon frère jumeau Eric, on a passé notre enfance à Houdeng-Aimeries, rue de la Fontaine. J’allais à l’école communale. Notre instituteur, M. Vandeputte, avait aménagé un terrain de tennis dans la cour. Grâce à lui que je me suis pris de passion pour ce sport, sans jamais avoir suivi une seule leçon de ma vie. J’ai même appris à Jacques Gobert à jouer ! Je me souviens qu’à l’époque, on nous avait refusé l’accès au court de Bouvy. Les installations étaient uniquement réservées aux bourgeois, fils de médecins, pharmaciens et consorts. N’empêche, aujourd’hui, mon fils Thomas est entraîneur et responsable avec Thierry Van Cleemput de l’Association Francophone de Tennis ». Philippe a toujours laissé le champ libre à ses trois enfants. François est chef de corps à la police et Laura est neuropsychologue pour les enfants. « L’important, c’est d’avoir la passion de ce que l’on fait. Le reste suit. L’intérêt developpe la volonté. Et n’importe quel métier peut s’exercer avec passion, y compris le plus modeste ».

Le carnaval de La Hestre par Pol Authom.
Le carnaval de La Hestre par Pol Authom. - D.C.

Des brutes, incapables de finesse ?

Rue du Parc à La Hestre, la maison familiale flirte avec le mur du parc de Mariemont. Un havre de paix à deux pas de la bifurcation de Jolimont. Avec Manuèle Lansman, son épouse, qui est bibliothécaire à Manage, Philippe à tout restauré. En conservant les vieux plafonds en stuc, l’ancien carrelage par endroit,... « Evoluer, vivre avec son temps, c’est vital. Dans le monde syndical et du travail, nous voyons bien à quel point c’est indispensable. Mais conserver des traces du passé et s’appuyer sur certaines expériences, c’est faire preuve d’intelligence ».

A 66 ans, Philippe a remplacé le tennis par le vélo. Il fait partie du club de la Roue du Centre de Manage et il roule aussi à Viesville. «  Après la course, il y a le verre entre copains. Que ça fait du bien ! La retraite a été un choc pour moi. Au début, je me levais en me demandant ce que j’allais faire de ma journée... Mais aujourd’hui, j’ai trouvé un équilibre. En reprenant le sport, j’ai maigri de dix kilos ».

Philippe collectionne les coqs. Et pas seulement les wallons...
Philippe collectionne les coqs. Et pas seulement les wallons... - M.PW.

Philippe s’occupe aussi de son jardin encerclé de vieux murs. Annuelles, vivaces, quelques légumes... L’endroit est un coin de paradis. Aux murs, des oeuvres de Pol Authom, de Niki de Saint-Phalle, d’Andy Warhol... Et des coqs ! « J’en fais la collection ». Avec son épouse, il adore visiter les expositions. Loin de l’image que l’on se fait des syndicalistes purs et durs. « On pense que nous sommes des brutes, incapables de finesse » s’amuse Philippe. « Même s’il est vrai que l’on ne peut pas se passer du rapport de force lorsque l’on revendique et l’on négocie. Obligé. »

Martine Pauwels