Un Cavendish «puissance 4»: ce qu’il faut retenir de la 13e étape du Tour de France

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Qui dit plaine, dit souvent sprint massif mais, contre toute attente, Carcassonne avait toujours accueilli un chevalier solitaire, jamais une meute de guerriers. En quête d’un 34e bouquet, Cavendish allait-il écrire l’histoire ?

Comme de coutume, le départ se révélait extrêmement nerveux et il fallait plus d’une demi-heure pour qu’un trio parvienne à se dégager : Goldstein, Bennett et Latour. Un scénario presque idéal pour le maillot vert dont la formation régulait l’allure en compagnie des maillots Alpecin.

Une attaque de Gilbert ayant enfin réveillé le peloton, une grosse chute expédiait des coureurs sur les bas côtés et entraînait surtout les abandons de Roger Kluge et Simon Yates. Un Tour à oublier pour le Britannique, 3e du récent Giro.

La jonction opérée, Pacher repartait à l’aventure avec la bénédiction de ses pairs jusqu’à 20 bornes du but. Profitant du vent favorable et des lignes droites, Ineos étirait la meute, Van Aert plaçant un relais appuyé avant que les trains ne se mettent en place. La capitale de l’Aude allait bien saluer son premier sprint massif.

Asgreen, Ballerini et Morkov, les wagons Quick Step se mettaient en place mais la remontée des coureurs DSM perturbait quelque peu la mise sur orbite de Cavendish. Pas de panique néanmoins, le maillot vert restait idéalement placé et lançait de manière idéale pour dominer… Morkov, son poisson-pilote, et Philipsen.

Spectateur attentif, le maillot jaune, Tadej Pogacar, avait déjà le regard tourné vers les premières pentes pyrénéennes.

L’homme du jour

Mark Cavendish l’a fait, rester dans le peloton professionnel d’abord, prendre le départ du Tour ensuite, dicter sa pointe de vitesse enfin et ce, à quatre reprises. Emu, reconnaissant envers cette équipe Quick Step qui lui a permis de renaître, le citoyen de l’Ile de Man totalise désormais 34 victoires d’étapes sur le Tour, autant qu’Eddy Merckx. S’il lui faudra franchir les Pyrénées, des occasions se présenteront encore. Sans parler d’un maillot vert solidement accroché à ses épaules.

L’équipe du jour

Deceuninck-Quick Step ? Forcément ! En signant le doublé sur la ligne à Carcassonne, les hommes de Patrick Lefevere ont à nouveau couronné une solide prestation collective sur les routes de l’Aude. Le 5e succès sur ce Tour est aussi le 37e de l’équipe depuis le début de la saison.

Le Belge du jour

Toujours placé mais pas (encore) gagnant, Jasper Philipsen a de nouveau dû jurer entre ses dents en constatant le coup de rein victorieux de Cavendish. Le sprinter de la formation Alpecin hérite du 3e rang, son cinquième podium (2 x 2e et 3 x 3e) en termes d’arrivée d’étape. Ce qui ne lui rapporte finalement pas grand-chose, sinon un rang enviable au classement par points mais loin du Cav’.

L’abandon du jour

Simon Yates venait sur ce Tour pour briguer une étape plutôt qu’un classement général, laissant cette tâche à son équipier colombien Esteban Chaves. Le Britannique de la formation BikeExchange a vu son Tour prendre fin de manière inattendue, victime d’une chute collective à 60 bornes de l’arrivée. Victorieux de la Vuelta en 2019 et 3e d dernier Giro, la Grande Boucle lui réussit visiblement moins bien, son meilleur résultat restant un 7e rang à Paris en 2017.

Le chiffre du jour

101. Plutôt que les 34 victoires de Mark Cavendish, son avance au classement par points se monte à 101 unités : 279 pour lui contre 178 à Michale Matthews, son plus proche poursuivant. Quand on sait qu’un succès en plaine vaut 50 points, on comprend que le seul adversaire du ManX Express serra… la montagne à franchir pour rejoindre Paris. Sur ce qu’il a montré, il semble plus vert que jamais.

L’image du jour

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