Frappées à Gaza, l’agence AP «choquée»,Al-Jazeera dénonce un musellement de la presse

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Frappées à Gaza, l’agence AP «choquée»,Al-Jazeera dénonce un musellement de la presse
AFP

« Nous avons dit directement aux Israéliens que garantir la sécurité des journalistes et des médias indépendants était une responsabilité d’une importance capitale », a tweeté Jen Psaki, la porte-parole de l’exécutif américain.

Des journalistes de l’AFP ont vu la tour de 13 étages se faire pulvériser par plusieurs missiles.

« Nous sommes choqués et horrifiés par le fait que l’armée israélienne vise et détruise l’immeuble abritant le bureau d’AP et d’autres médias à Gaza », a dit dans un communiqué le patron de l’agence Associated Press (AP), Gary Pruitt.

« Ils connaissent depuis longtemps l’emplacement de notre bureau et savaient que des journalistes s’y trouvaient. Nous avons été avertis que l’immeuble serait frappé », a-t-il ajouté.

« C’est un développement incroyablement inquiétant. Nous avons évité de justesse de terribles pertes humaines. Une dizaine de journalistes et de pigistes d’AP se trouvaient dans l’immeuble et heureusement, nous avons pu les évacuer à temps », a-t-il précisé.

« Nous avons demandé des informations au gouvernement israélien et sommes en contact avec le département d’Etat américain pour essayer d’en savoir plus », a encore dit Gary Pruitt.

« Le monde sera moins informé sur ce qui se passe à Gaza à cause de ce qui s’est passé aujourd’hui », a-t-il conclu.

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), basé à New York, a de son côté réclamé des explications au gouvernement israélien.

« Cette dernière attaque contre un bâtiment dont Israël sait depuis longemps qu’il abrite des médias internationaux pose la question de la possibilité que les forces israéliennes soient en train de viser délibérément des installations médiatiques pour perturber la couverture des souffrances humaines à Gaza », a dit le directeur exécutif du CPJ, Joel Simon.

« Les journalistes ont l’obligation et le devoir de couvrir les événements en cours à Gaza et il serait illégal pour l’armée israélienne de faire usage de moyens militaires pour empêcher cela », a-t-il ajouté.

Jawad Mehdi, propriétaire de la tour Jala, a indiqué qu’un officier israélien du renseignement l’avait prévenu avant la frappe qu’il disposait d’une heure pour faire évacuer le bâtiment. Il a demandé dix minutes supplémentaires pour que les journalistes puissent emporter leur équipement, mais a essuyé un refus.

S’exprimant en direct sur la chaîne d’information qatarie en arabe, le directeur du bureau d’Al-Jazeera en Palestine et en Israël, Walid al-Omari, a déclaré que ce « crime » s’ajoutait à la « série de crimes perpétrés par l’armée israélienne » à Gaza. Israël ne veut pas « seulement répandre la destruction et la mort à Gaza, mais aussi réduire au silence les médias qui voient, documentent et disent la vérité sur ce qu’il s’y passe », a fustigé le journaliste basé à Jérusalem. Plus importante chaîne d’information du monde arabe, Al-Jazeera est régulièrement prise pour cible par des régimes autoritaires au Moyen-Orient où ses correspondants couvrent guerres et soulèvements populaires. Le puissant groupe médiatique financé par le Qatar est accusé par ses détracteurs de sympathie envers des mouvements islamistes dont Doha est proche.

L’armée israélienne a indiqué que des équipements militaires du Hamas se trouvaient dans l’immeuble, où les médias étaient, selon elle, utilisés comme « boucliers humains ». Elle a affirmé avoir prévenu en amont « les civils » qui se trouvaient à l’intérieur. À Gaza, les autorités palestiniennes ont fait état de 139 morts, dont 39 enfants, et quelque 1.000 blessés dans les bombardements. Plus de 2.300 roquettes ont été lancées sur Israël depuis l’enclave par des groupes armés palestiniens, tuant dix personnes, dont un enfant, et faisant plus de 560 blessés.

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