Basket: Mons-Hainaut s’en sort grâce à sa bonne gestion des saisons passées

Le manager des Renards espère bien vite retrouver du monde à la Diamonte mons.arena.
Le manager des Renards espère bien vite retrouver du monde à la Diamonte mons.arena. - News

Lundi, le Groupe Dôme et le Spirou Charleroi ont lancé une Procédure de Réorganisation Judiciaire (PRJ). En proie à des soucis financiers depuis pas mal d’années, l’association a, du reste, vu sa situation empirer avec la pandémie. Dans un communiqué, les responsables ont expliqué que « le Groupe Dôme a le triste privilège d’être actif simultanément dans l’Horeca, la culture, l’événementiel et le sport professionnel, secteurs d’activité qui comptent parmi les domaines économiques les plus durement touchés par la crise sanitaire depuis mars 2020 ».

Éric Schonbrodt, le directeur général carolo, a ajouté : « Depuis ses derniers succès au début de la décennie, le club a connu une longue dégringolade financière ». Si le Spirou avait su faire face lors de la première vague, il éprouve davantage de difficultés aujourd’hui : « La deuxième vague nous fait encore plus mal », admettait le responsable carolo.

Quatre clubs francophones en D1, dont deux en PRJ

Quoi qu’il en soit, cette nouvelle mesure de PRJ, après Liège en 2019, constitue un signe important, inquiétant même, pour le basket belge. Qui sera le suivant sur la liste ? Une chose est sûre, la période n’est facile pour personne. Et les autres sociétaires de l’Euromillions League se débrouillent comme ils peuvent. C’est le cas de Mons-Hainaut. « Si la situation était déjà compliquée à la base, le Covid n’a fait qu’accélérer le recours à une PRJ du Spirou », confie Thierry Wilquin. « La crise a donné, aux Carolos, une bonne raison de se protéger. N’empêche, deux des quatre clubs francophones de D1 se retrouvent placés en PRJ. Cela ne contribue pas à donner une image positive ».

La direction montoise fait le maximum, avec les moyens du bord, pour garder la tête hors de l’eau. « Depuis la mi-mars, nous n’avons plus eu la moindre rentrée au niveau buvette et public, huis clos oblige », poursuit le manager. « Pour compenser, la Ville a été correcte, avec une enveloppe prévue de 150.000 €. Et dans la mesure où l’équipe s’est déjà produite en compétition (coupe d’Europe et championnat), les partenaires respectent leurs engagements. Maintenant, le problème réside dans le fait que nous n’avons pas de perspectives à plus d’un mois. Il est donc hasardeux de se projeter. En attendant, nous gérons au plus juste, comme nous l’avons toujours fait. Le management « en bon père de famille » des années précédentes nous aide. Nous ne cherchons pas à faire du bénéfice. Ce n’est d’ailleurs pas la fonction d’un club sportif. En revanche, arriver à l’équilibre, saison après saison, reste le maître-mot. Pour ce faire, nous avançons en fonction des fonds dont nous disposons. Jamais nous n’avons dépensé l’argent que nous n’avions pas. C’est ce qui nous vaut, aujourd’hui, d’amortir un peu mieux les retombées du Covid et donc, de maintenir la mécanique en marche ».

« Nous tenons bon ! Le club est bien vivant ! »

À cette fin, les responsables de la Diamonte mons.arena ne manquent pas d’idées : « Le tournoi de pétanque organisé dans la salle, la pub lors des retransmissions des matches en streaming, nous permettent de vivoter, sachant qu’il y a les salaires du staff, des joueurs et des employés à verser. Sans parler des frais de fonctionnement. En fait, se mettre à l’arrêt est risqué. Voilà pourquoi il importe de garder de l’activité. Il n’y a pas de secret, si vous voulez convaincre un partenaire, il faut lui proposer du concret. C’est d’autant plus vrai dans le monde du basket qu’il fonctionne avec des droits TV très réduits et sans système d’indemnités de transfert. Rien à voir avec le football, donc. Malgré tout, nous tenons bon ! Le club est bien vivant. Pas question de laisser tomber les bras ! »

En plus de son objectif sportif, Mons-Hainaut, il est vrai, joue aussi un rôle social. « Quand l’équipe dispute un match, même actuellement, elle est suivie par des cameramen, des techniciens, des journalistes. Par contre, je suis embêté par rapport à notre brasseur, fidèle depuis une quinzaine d’années et auquel je ne peux plus passer de commande pour l’instant. Comme quoi, nous contribuons à l’effort global, dans la mesure de ce qui est autorisé ».

Et Thierry Wilquin de conclure par un espoir : « Que les clubs ne retombent pas dans des dépenses démesurées une fois la crise terminée ». On en reparle dans quelques semaines. Ou quelques mois…

F.Mi.

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